





– Une graveuse contemporaine entre mémoire, temps et perception
Clémence Fernando est une artiste française née le 1979, actuellement basée dans le 19ᵉ arrondissement de Paris. À travers une pratique rigoureuse de la gravure et une exploration constante des techniques traditionnelles et numériques, elle construit une œuvre où le temps, la mémoire et la perception occupent une place centrale.
Parcours académique et formation artistique
Titulaire d’un master en pratique du documentaire à l’Université Paris 8, Clémence Fernando a poursuivi sa formation artistique au sein du département Image imprimée de l’École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD) de Paris. Elle s’est perfectionnée dans plusieurs ateliers de renom, notamment l’Atelier Moret (taille-douce), le Lézard Graphique (sérigraphie) et chez Astier de Villatte (typographie au plomb). Cette diversité de formations lui permet aujourd’hui de maîtriser une large palette de techniques, de la manière noire à la sérigraphie, en passant par l’eau-forte, la pointe sèche, l’alugraphie et les procédés numériques.
Démarche artistique
La recherche de Clémence Fernando se concentre sur la fragmentation, la recomposition, et les effets de répétition dans l’image imprimée. Dans la série « 54 », l’une de ses œuvres majeures, elle assemble 54 gravures à la manière noire en un vaste tableau de 76 × 106 cm. Cette œuvre, à la fois graphique et méditative, évoque une mémoire recomposée, une narration éclatée.
Dans une autre série intitulée « Plonger », elle aborde la thématique de l’immersion dans l’eau, jouant avec les textures et la superposition des couches d’encre pour créer une profondeur sensorielle. L’artiste explore également le mouvement et l’animation dans ses créations numériques, comme en témoigne l’adaptation animée de « 54 », fusionnant la gravure avec le médium vidéo.
Expositions et reconnaissance internationale
Le travail de Clémence Fernando a été présenté dans de nombreuses expositions en France et à l’étranger : à Paris (Atelier Moret, Fondation Taylor), à Berlin (Galerie Flierl), ou encore à Taïwan (Musée national des beaux-arts de Taichung). Elle a remporté le premier prix à la Biennale internationale de gravure de Sarcelles en 2019, puis le Grand Prix (Médaille d’Or) de la Biennale internationale de gravure de Taïwan en 2022, pour sa série « 54 », saluée unanimement par le jury.
Enseignement et transmission
Parallèlement à sa pratique artistique, Clémence Fernando est investie dans l’enseignement des arts imprimés. Elle a dispensé des cours et ateliers dans plusieurs institutions parisiennes telles que l’École Duperré, l’Atelier de Sèvres, la SCAP, ainsi qu’à l’Atelier aux Lilas, collectif auquel elle est affiliée. Son approche pédagogique privilégie l’expérimentation et le lien entre technique et langage personnel.
Techniques et outils
Fernando utilise une grande variété de techniques d’impression :
– manière noire
– eau-forte
– pointe sèche
– sérigraphie
– alugraphie
– typographie (plomb)
Elle intègre également des outils numériques comme Photoshop, Illustrator, InDesign et Premiere, ainsi que la photographie et le cyanotype, témoignant d’une pratique ouverte à l’hybridation des médiums.
Conclusion
Clémence Fernando s’impose comme une figure importante de la gravure contemporaine, grâce à une œuvre cohérente et exigeante, nourrie par la lenteur du geste, la précision du regard et la puissance évocatrice de l’image imprimée. Entre mémoire intime et réflexion plastique, ses œuvres invitent le spectateur à ralentir, contempler et ressentir.
