Monotype à l’atelier aux Lilas avec Laurence Geoffroy



Je travaille depuis plusieurs années la manière noire, avec des processus longs de construction de l’image et des passages successifs de couleur. Cette pratique m’a permis de développer une relation exigeante à la gravure, fondée sur la patience, la précision et la complexité des étapes.
Aujourd’hui, j’ouvre une nouvelle direction de travail autour du monotype, à l’atelier des Lilas, avec l’accompagnement de Laurence Geoffroy.
Le monotype me permet d’aborder l’estampe autrement. Tout en conservant ce qui me lie profondément à ce médium — l’empreinte, le passage sous presse, le renversement de l’image et l’apparition toujours incertaine du tirage — il introduit une temporalité beaucoup plus immédiate.
Le geste du pinceau y prend une place centrale. L’encre se déploie directement sur la plaque, les couleurs se mélangent sans intermédiaire, et l’image se construit dans un temps court. Cette rapidité d’exécution transforme le rapport au travail : elle rend possible une pratique plus fluide, plus réactive, où l’expérimentation peut se multiplier.
Après une longue période consacrée à des processus complexes et très structurés, je ressens aujourd’hui le besoin d’une forme de légèreté dans le travail. Le monotype offre cet espace. Non pas comme une simplification, mais comme une ouverture : un déplacement vers une pratique où le geste, la matière et la sensation prennent une place plus directe.
Ce changement ne marque pas une rupture avec mes recherches précédentes. Il prolonge au contraire les questions qui traversent mon travail depuis longtemps — la couleur, la superposition, la trace, la transformation de l’image — mais en les abordant dans un autre régime de temps.
Cette nouvelle phase de travail s’expérimente actuellement à l’atelier des Lilas, dans un dialogue avec Laurence Geoffroy, qui accompagne ce déplacement et l’ouverture de cette pratique.
